Le nombre de bagarres entre bandes a triplé
Nicolas Jacquard
vendredi 18 janvier 2008 | Le Parisien
Le bilan de la délinquance en 2007 est paradoxal. Si les stats sont bonnes, elles révèlent une inquiétante hausse des violences dans les cités difficiles.
C'EST LE POINT NOIR de la délinquance en Essonne. Hier ont été communiquées publiquement par la préfecture les statistiques de 2007. Et si la plupart des clignotants semblent au vert (voir encadré), les quartiers difficiles ont tout au long de l'année été victimes de faits sporadiques en nette augmentation par rapport à 2006.
Version chiffrée, cela donne une hausse de la violence urbaine de 16,66 %. Le nombre de voitures brûlées est en augmentation de 2,03 % (environ 1 500). Plus préoccupant encore, le phénomène de guerre des bandes a lui aussi le vent en poupe, passant de 21 à 64 faits constatés l'an dernier, soit un bond de... 204 %. Du côté de la préfecture, on reconnaît l'ampleur du problème, tout en y apportant un certain nombre de bémols.
« Pour une bonne part, ce sont les jets de projectiles et les incendies de poubelles qui expliquent cette hausse », expliquent les représentants de l'Etat.
A propos du nombre de véhicules incendiés, les autorités évoquent une sorte de phénomène « les Experts », du nom de la série de TF 1 : « En secteur gendarmerie, la plupart relèvent d'actes de dissimulation de preuves », avance ainsi John Veneau, le patron des gendarmes. En clair : s'inspirant de ce qu'ils voient à la télé, il s'agirait pour les malfrats de réduire leur véhicule en cendre après un braquage par exemple pour brouiller le travail de la police scientifique. « Un grand classique des gens du voyage », estime Gérard Moisselin, le préfet.
Plus inquiétant pour le représentant de l'Etat : « La persistance des bandes est une réalité. Celles-ci n'hésitent pas à s'affronter publiquement sur la voie publique. » « Auparavant, ces violences étaient circonscrites à Evry, Corbeil et Grigny. Désormais, elles s'étendent, analyse Jean-André Graviassy, le directeur départemental de la sécurité publique. Par exemple sur la rive droite de la Seine, vers Epinay-sous-Sénart. »
« Ce type de violence a essaimé, confirme Jean-François Pascal, le procureur de la république d'Evry. Cela étant, si le nombre de faits augmente, c'est aussi que nous nous attachons à les prévenir. » De plus en plus, il s'agit en effet d'interpeller les auteurs d'une bagarre avant que celle-ci n'éclate. « Côté judiciaire, nous avons par exemple entamé beaucoup de procédures pour attroupement armé, rappelle Jean-François Pascal, ce que l'on faisait moins auparavant. »