GRANDE BORNE

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Au cours de la nuit de dimanche à lundi, la 11ème de violences urbaines, 1.408 véhicules ont été incendiés et 395 personnes ont été interpellées en France, selon le bilan définitif de la Direction générale de la police nationale (DGPN), le plus lourd depuis le 27 octobre. Si les incendies de voitures s'étendent à pas mal de cités en province, on notait ce matin à la DGPN qu'en région parisienne, «on a réussi à les contenir, avec 426 voitures brûlées contre 741 la nuit précédente». Les autorités policières notent sur l'Hexagone «peu d'affrontements directs entre les émeutiers et les forces de l'ordre, plutôt du harcèlement sauvage, comme des jets de pierre brutaux». A l'exception des cités de la Grande-Borne à Grigny (Essonne) et des Tarterêts à Corbeil-Essonnes où des affrontements assez durs ont eu lieu entre des jeunes et des policiers, avec tirs de pistolets à grenaille.
Nicolas Sarkozy qui a visité vers 22h ses troupes à Bobigny (Seine-Saint-Denis) s'est rendu ensuite à l'hôpital d'Evry voir les CRS légèrement blessés lors des interventions dans les deux cités les plus échauffées. Un CRS touché au cou par des plombs qu'on vient de lui retirer a montré au ministre l'impact de grenaille sur son casque, reçu à la cité de la Grande-Borne de Grigny. «Ils ont donc visé la tête? Ce sont donc bien des voyous», a lâché Nicolas Sarkozy. De l'avis de l'autre CRS blessé, touché à la jambe, «les émeutiers sont passés un cran au-dessus». Outre les deux policiers touchés par la grenaille, une dizaine d'autres ont été blessés à La Grande Borne, par des jets de pierre, dans ce que l'un décrit comme «un guet-apens» tendu à 20h15. «Le but, c'est de casser du policier. C'est de tuer, de faire du mal à des policiers», s'emporte un autre. «C'était préparé. Ils nous ont attirés et ensuite ils ont lancé une attaque latérale», décrit un officier. «C'était préparé par des bandes?», s'enquiert Nicolas Sarkozy. «Je ne saurais le dire, mais c'était très organisé», assure le policier. Une cartouche de fusil de chasse aurait été ramassée par terre à la Grande-Borne.
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# Posté le mardi 06 juin 2006 05:34

Modifié le jeudi 20 décembre 2007 17:00

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Pompiers et policiers s'inquiètent de la montée de la violence

Un syndicat de sapeurs-pompiers et un syndicat de policiers ont protesté vendredi contre la montée des violences qu'ils subissent lors de leurs interventions dans certains quartiers.

"Cela a commencé par des agressions verbales. Ensuite, on s'est attaqué au matériel. Et, aujourd'hui, ce sont les hommes qui sont visés", a constaté Jean-Louis Ségura, président départemental du syndicat national des sapeurs-pompiers professionnels (SNSPP)-CFTC, au cours d'une conférence de presse à Gif-sur-Yvette (Essonne).

Trois policiers et deux sapeurs-pompiers ont été légèrement blessés lors de heurts avec un groupe de 50 à 100 individus dans le quartier de la Grande-Borne à Grigny (Essonne) au début du mois.

"Il n'est pas pensable que des sapeurs-pompiers ne puissent pas intervenir dans certains quartiers",[a dénoncé Patrice Beunard, secrétaire général du SNSPP, assurant que les pompiers "ne sont pas de la chair à canon".

A Viry-Châtillon, lors d'une intervention pour un accident le 5 juin, les véhicules des pompiers ont subi un "caillassage" en règle d'une trentaine de personnes cagoulées, selon le SNSPP. Ils ont ensuite été lapidés à l'intérieur d'un véhicule. Le secouriste qui traitait la victime, de l'accident un enfant légèrement blessé, a été touché à la tête par un projectile en protégeant l'enfant sur le brancard, ainsi qu'un de ses collègues.

Yves Louis, un des responsables d'Alliance, premier syndicat de gardien de la paix, a parlé "d'une perte de repères", avec le développement de "ghettos à l'américaine".

"Depuis deux ans, le phénomène des bandes s'étend en dehors des quartiers", a ajouté Rénald Buson, délégué Alliance dans l'Essonne, en référence notamment aux bagarres entre deux bandes de Viry-Chatillon et de Morsang-sur-Orge, deux villes plutôt tranquilles de l'Essonne, le week-end dernier.

"41 policiers ont été blessés en intervention dans l'Essonne depuis le début de l'année", soit une "augmentation de 15 %" par rapport à 2005, a affirmé Yves Louis.

Ces agressions quasi quotidiennes, les pompiers refusent de les passer sous silence. "Est-il normal que l'on parle de nuit calme quand une dizaine de véhicules brûlent durant la nuit ?", s'est interrogé Jean-Louis Ségura.

Au-delà du simple constat, les deux syndicats en appellent aux politiques. Ils ont demandé aux candidats à l'élection présidentielle de 2007 de faire connaître leurs intentions face à cette recrudescence de la violence.

Pour Yves Louis, plusieurs mesures doivent êtres prises, notamment dans le recensement des quartiers sensibles, "connus de tous", souligne-t-il, avec une véritable démarche de reconquête de ces quartiers.

"On attend des magistrats une application des textes", précise-t-il."Le rappel à la loi, cela suffit".

Il insiste également sur le manque d'effectifs dans certains quartiers avec un déploiement différent des CRS (compagnies républicaines de sécurité).
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# Posté le mardi 06 juin 2006 05:33

Modifié le jeudi 20 décembre 2007 17:05

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Sous le choc, Grigny ne veut pas baisser les bras
Une école maternelle a été entièrement détruite par les flammes samedi soir. Et deux CRS ont été blessés par des tirs au fusil de chasse. Notre reportage.

Sur le mur du fond, on distingue encore l'enfilade des petits portemanteaux, chacun orné d'un prénom écrit au feutre. À terre, au milieu d'un dernier tas de cendres, une affichette oubliée indique ce qui fut, il y a deux jours à peine, l'entrée de la classe des « moyennes sections ». Pour le reste, tout n'est que noir de fumée et peinture craquelée. En quelques dizaines de minutes, l'école maternelle de La Belle au bois dormant, posée en contrebas d'un quartier populaire de Grigny (Essonne), a été ravagée par les flammes. Partis en fumée les dessins des élèves, les chaises, les tables... Inutilisables les tableaux, les lavabos... « Tout ce gâchis ! Ce fut un choc terrible de découvrir ça », lâche dans un souffle la directrice, Sandrine Bonnet, les yeux encore rougis par les larmes. Au plafond, çà et là pendent quelques fils à moitié fondus. « Il faudra aussi refaire toute l'électricité. »

Samedi, vers 19 h 30, une bande d'individus s'est introduite dans l'établissement. Ils ont traversé le hall, jeté dans l'une des cinq pièces ce qui devait être probablement un cocktail Molotov, puis se sont enfuis à toutes jambes, fracassant au passage les pare-brise des voitures garées à proximité. Ils laissent derrière eux la désolation, l'incompréhension et une grosse colère. « Pourquoi s'en prendre à une école ? C'est vraiment n'importe quoi ! s'agace Sandrine Bonnet. Maintenant l'établissement va être fermé au moins jusqu'en janvier. Et c'est les familles dqui vont en pâtir. Ceux qui font ça ne se rendent vraiment pas compte : il croit embêter Sarkozy, mais en montrant cette image d'eux ils ne font que bêtement lui donner raison ! »

Depuis quatre nuits, Grigny est le théâtre d'échauffourées entre plusieurs centaines de jeunes et les policiers. Des dizaines de voitures ont brûlé dans le quartier sensible de la Grande Borne. Dimanche soir, les affrontements ont franchi un cap : deux CRS ont dû être hospitalisés après avoir été sérieusement atteints par des tirs de fusil de chasse. Sur les trottoirs, aux arrêts de bus, les habitants de la cité avouent leur ras-le-bol. « C'est de la connerie de faire ça, s'énerve une femme au chômage. Cela ne va pas arranger l'image de Grigny. Et pour des gens comme moi qui cherche du boulot, ça va être encore moins simple ! » La gardienne d'un immeuble ne trouve aucune circonstance atténuante aux fauteurs de trouble. « La discrimination, ça existe, mais moi, j'ai élevé trois enfants à la Grande Borne, ils ont tous réussi. Et je connais énormément de jeunes ici, immigrés ou pas, qui ont fait de même. À l'école, si on veut y travailler on peut ! »

D'autres dénoncent cette « poignée de jeunes qui fout la merde ». Et les parents jugés défaillants qui vont avec. « Pourquoi des enfants de douze ans sont dehors à 10 heures du soir ? Il faut les surveiller quand même ! » s'emporte Rachida, une mère de trente-sept ans. Elle, elle ne laisse pas traîner ses trois enfants de seize, quatorze et sept ans. « Le plus grand rentre directement du lycée. Je surveille aussi leurs fréquentations grâce à leur portable. » C'est aussi ça la Grande Borne : les jeunes qui sortent... et les autres. Ali a quinze ans. Il est en troisième. « Au collège, tout le monde ne parle que de ça, glisse-t-il. Ils veulent tous que Sarkozy démissionne. Franchement, ces propos sur la racaille et le Karcher, c'était de trop... » Le sac sur les épaules, il dit ne pas avoir « peur » dans sa cité. « Je sais comment on évite les ennuis ici. » Comment ? « On ne sort pas, le soir, on trace. »

L'école incendiée, elle, est située à Grigny II. Un quartier tranquille, sans mauvaise réputation. Au contraire. « L'ambiance est plutôt du genre familial, ici, je n'ai jamais eu peur de rentrer chez moi le soir », assure Olivia, une mère de famille de trente et un ans. « Les jeunes sont aussi choqués que les adultes par ce qui s'est passé. » En revanche, chacun convient que les conditions de vie à la Grande Borne sont « lamentables ». Et que la stigmatisation et la discrimination des habitants des banlieues n'est pas un rêve. « Mon mari est métisse, il se fait contrôler régulièrement, moi jamais car j'ai une tête d'Européenne », reconnaît Gaëlle, vingt-huit ans, qui habite au 8e étage de l'immeuble surplombant l'école de La Belle au bois dormant. « C'est la même chose pour mon mari algérien », renchérit Olivia.

Au milieu de l'odeur âcre qui flotte encore dans les couloirs, Sandrine Bonnet, la directrice, voit l'avenir avec espoir. Cela fait dix ans qu'elle enseigne à Grigny. « C'est moi qui ai demandé à être directrice ici, car j'aime cette ville. Les casseurs, ce sont des cas isolés. La grande majorité des gens sont solidaires et n'hésitent jamais à s'épauler. » Dimanche matin, au lendemain de l'incendie, la plupart des parents d'élèves se sont immédiatement proposés pour venir nettoyer le sinistre. « Il y avait comme une ambiance de kermesse. Et ça, je ne veux pas l'oublier. »

Laurent Mouloud

# Posté le mardi 06 juin 2006 05:28

Modifié le jeudi 20 décembre 2007 17:07

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Trois CRS légèrement blessés après une nuit de violence à Grigny

AFP - 21 mai, 16h07 - Trois CRS en faction dans le quartier sensible de la Grande Borne à Grigny (Essonne) ont été légèrement blessés après avoir été pris à partie par une quinzaine de jeunes samedi matin, a-t-on appris de source policière.
Les trois agents souffrent de brûlures légères et de contusions après avoir été touchés par un engin incendiaire, des pierres et des parpaings, alors qu'ils tentaient de regagner leur véhicule. Ils se trouvaient dans ce quartier pour tenter de mettre fin à des affrontements entre jeunes de deux quartiers rivaux de Corbeil-Essonnes, La Nacelle et Montconseil, qui s'affrontent depuis mercredi. Neuf personnes ont été interpellées depuis les premières échauffourées, a-t-on appris de source judiciaire. En 2002, un jeune de La Nacelle avait été tué lors d'une expédition punitive menée par un groupe de l'autre quartier rival.

Article signalé par Balaivoiles qui commente :

Quelle folie ce droit du sol. Voilà où nous en sommes avec ces barbares qui ne respectent aucune autorité. La nationalité ça se mérite. Que Chirac aille aux US voir comment ca se passe.

# Posté le mardi 06 juin 2006 05:22

Modifié le jeudi 20 décembre 2007 17:09

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Grigny, affrontements avec la police

Pour la seconde nuit consécutive, le quartier de la Grande-Borne à Grigny a été marqué par des affrontements entre jeunes et policiers. Des CRS ont été pris à partie samedi après minuit par une quinzaine de jeunes qui leur ont lancé des pierres, des parpaings et des boules de pétanque. Un cocktail Molotov a explosé dans un fourgon créant un début d'incendie vite maîtrisé.Trois CRS ont été légèrement blessés.

Le groupe s'est vite dispersé mais jusqu'à 4 heures du matin, les incidents se sont multipliés :feux de voiture, poubelles incendiées et déposées dans les halls d'immeubles...

Jeudi soir,des incidents suite à l'interpellation dans la cité de deux jeunes pilotant une moto volée s'étaient déjà produits.

# Posté le mardi 06 juin 2006 05:09

Modifié le jeudi 20 décembre 2007 17:10